Loi Jeanbrun : on vous explique tout !
Après la fin du dispositif Pinel, l’État a créé un nouveau cadre fiscal pour relancer l’investissement locatif privé : le statut du bailleur privé, souvent appelé « dispositif Jeanbrun ». Ce dispositif vise à encourager une offre locative durable, accessible et de qualité, en combinant : loyers plafonnés (intermédiaire / social / très social), conditions de ressources des locataires, et amortissement fiscal du logement loué nu.
Le dispositif résulte de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 (loi de finances pour 2026) qui modifie notamment l’article 31 du CGI (création / rétablissement des dispositifs d’amortissement au titre des revenus fonciers).
À retenir : ce n’est pas une réduction d’impôt “type Pinel” : l’avantage se matérialise par une déduction d’amortissement et des charges venant diminuer votre revenu foncier imposable

Fin de la Loi Pinel : nouveau statut de bailleur privé !
En remplacement de la loi Pinel, le statut Jeanbrun marque une évolution majeure : il se veut plus durable et centré sur la qualité du logement, la mise en location longue durée et l’accessibilité des loyers.
- Éligible sur tout le territoire (pas de zonage d’éligibilité comme le Pinel).
- Trois niveaux de loyers : intermédiaire / social / très social.
- Logique patrimoniale : amortissement fiscal (location nue) plutôt qu’une réduction d’impôt forfaitaire.
Le dispositif Jeanbrun : à quels logements s’applique-t-il ?
Le statut du bailleur privé s’applique aux logements situés en France dans un bâtiment d’habitation collectif (donc appartements).
- Immeubles collectifs uniquement (les maisons individuelles sont exclues).
- Location nue, à usage de résidence principale.
- Engagement de location : 9 ans minimum.
- Mise en location : dans les 12 mois suivant l’achèvement (ou l’acquisition si postérieure).
- Interdiction de louer à un membre du foyer fiscal, ou à un parent / allié jusqu’au 2e degré inclus.
Période d’application (neuf / VEFA / construction) : acquisitions et dépôts de permis (pour la construction) réalisés entre le lendemain de la publication de la loi et le 31 décembre 2028.
Pour lecture du texte officiel : Légifrance — LF 2026, article 47 (modifications CGI)
Les règles du statut de bailleur privé (Jeanbrun)
En contrepartie de l’avantage fiscal, l’acquéreur doit :
-
s’engager à louer au moins 9 ans,
-
louer NU à titre de résidence principale,
-
respecter des plafonds de loyers et, selon le niveau de loyer, des plafonds de ressources des locataires.

L’amortissement fiscal : le cœur du dispositif
L’amortissement est une règle comptable qui permet de constater la “dépréciation” du bâti dans le temps. Concrètement, une partie de la valeur du logement peut être déduite chaque année de vos revenus fonciers.
Base amortissable : pourquoi on parle de 80 % ?
Le texte prévoit que l’amortissement ne peut pas être pratiqué sur la valeur du foncier, qui est estimée forfaitairement à 20 % du prix d’acquisition net de frais. La base amortissable correspond donc à 80 % (bâti) du prix (dans les conditions du texte).
Exemple : achat 200 000 € → base amortissable = 200 000 € × 80 % = 160 000 €.
Texte officiel : LF 2026, art. 47 (foncier forfaitaire 20 %)
Tableau synthèse : loyers / ressources / amortissement (neuf & ancien)
Le tableau ci-dessous regroupe les informations essentielles qu’un investisseur doit maîtriser : niveau de loyer, règles de calcul du plafond, plafonds de ressources, taux d’amortissement et plafonds annuels.
| Niveau de loyer | Plafond de loyer | Plafonds de ressources (locataire) | Amortissement (NEUF) |
Amortissement (ANCIEN éligible) |
Déduction max (foyer fiscal) |
|---|---|---|---|---|---|
| Intermédiaire | Barèmes “Pinel” Formule : loyer plafond Coefficient : 0,7 + 19/S (max 1,2). Surface S : habitable + 50 % annexes. |
Plafonds annuels selon zone et foyer à la date du bail (RFR N-2). | 3,5 % / an | 3,0 % / an | 8 000 € / an |
| Social | Référence : plafonds publiés par commune. Principe : valeurs en €/m² |
Plafonds annuels “social” (RFR N-2), selon zone et composition. | 4,5 % / an | 3,5 % / an | 10 000 € / an |
| Très social | Référence : plafonds publiés par commune. | Plafonds annuels “très social” (RFR N-2), selon zone et composition. | 5,5 % / an | 4,0 % / an | 12 000 € / an |
Sources légales (taux, plafonds d’amortissement, conditions, période) : LF 2026 — article 47 (CGI art. 31 modifié)
Plafonds de loyers : comment déterminer un loyer
1) Loyer “intermédiaire” : méthode officielle (zones + coefficient + surface)
Pour la location intermédiaire, le plafond de loyer renvoie au mécanisme de l’annexe III du CGI (barèmes par zone et coefficient multiplicateur).
Formule officielle : loyer plafond mensuel HC = (Plafond €/m² de la zone) × (Coefficient) × (Surface S)
Coefficient multiplicateur (texte officiel) :
Coefficient = 0,7 + 19 / S (arrondi à 2 décimales ; plafonné à 1,2)
2) Surface S : habitable + prise en compte des annexes
La surface S renvoie à la définition réglementaire : surface habitable à laquelle s’ajoute 50 % des annexes dans les limites fixées par le texte (ex. balcon/terrasse/loggia).
3) Barèmes €/m² : attention à l’année du bail
Les plafonds €/m² (zones A bis/A/B1/B2/C) sont révisés chaque année. Il faut donc appliquer le barème en vigueur à la date de conclusion du bail (ou reconduction / renouvellement).
Loyers “social” et “très social” : plafonds par commune + arrêté annuel
Pour la location sociale et très sociale, le plafond n’est pas un simple “barème national par zones”. La méthode est fixée par l’annexe III (art. 2 terdecies H) et les valeurs finales (€/m² par commune) sont publiées chaque année par arrêté conjoint.
- Plafonds définis au niveau de la commune (ou arrondissement pour Paris/Lyon/Marseille).
- Valeurs arrondies au centime, publiées par arrêté annuel.
Références : Annexe III CGI — art. 2 terdecies H | Arrêté du 6 janvier 2026 (plafonds 2026 — exemple)
Plafonds de ressources : quelle vérification pour l'investisseur ?
Dans le cadre du statut du bailleur privé, les ressources s’apprécient à la date de conclusion du bail. Les textes renvoient au revenu fiscal de référence (RFR) figurant sur l’avis d’imposition établi au titre de l’avant-dernière année précédant la signature (RFR N-2).
Déficit foncier : quelles charges sont déductibles ?
Le dispositif peut permettre de “neutraliser” fiscalement une partie des revenus locatifs via :
- charges de gestion,
- taxe foncière (selon règles habituelles),
- assurances,
- intérêts d’emprunt,
- travaux (selon leur nature et les règles foncières),
- amortissement (selon le dispositif).
Le traitement précis du déficit dépend du régime foncier applicable et de votre situation (TMI, autres revenus fonciers, etc.).
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Ce qu’il faut retenir (en conclusion)
Le statut du bailleur privé / dispositif Jeanbrun marque une rupture avec les dispositifs précédents. En privilégiant l’amortissement et en organisant des loyers intermédiaires, sociaux et très sociaux sur l’ensemble du territoire, il crée un nouveau cadre pour investir en location nue longue durée.
FAQ - Statut du Bailleur Privé (Dispositif Jeanbrun)
Cette FAQ répond aux questions les plus recherchées sur Internet concernant le statut du bailleur privé (souvent appelé dispositif Jeanbrun) : conditions d’éligibilité, calcul du loyer (intermédiaire/social/très social), plafonds de ressources, amortissement et points de vigilance. Les réponses s’appuient sur les textes officiels (CGI et annexe III), et les barèmes actualisés (arrêtés annuels) lorsqu’ils existent.
Qu’est-ce que le dispositif Jeanbrun (statut du bailleur privé) ?
Source : Légifrance — LF 2026, art. 47
Le dispositif Jeanbrun remplace-t-il le Pinel ?
Est-ce une réduction d’impôt comme le Pinel ?
Quels types de logements sont éligibles au dispositif Jeanbrun ?
Source : LF 2026, art. 47
Les maisons individuelles sont-elles éligibles ?
Source : LF 2026, art. 47
Peut-on faire du meublé (LMNP) avec Jeanbrun ?
Quelle est la durée d’engagement de location ?
Quel est le délai maximum pour mettre le logement en location ?
Peut-on louer à ses enfants, parents, frères/sœurs ?
Peut-on investir via une SCI ?
Quels sont les 3 niveaux de loyers : intermédiaire, social, très social ?
Les loyers sont-ils libres avec le dispositif Jeanbrun ?
“Jeanbrun sans zonage” : qu’est-ce que ça veut dire exactement ?
• Intermédiaire : barèmes par zones A bis/A/B1/B2/C (mécanique Pinel)
• Social/très social : plafonds par commune via arrêté annuel (mécanique 199 tricies)
Comment calculer le loyer maximal en “intermédiaire” (à l’euro près) ?
Loyer plafond = (plafond €/m² de la zone) × (coefficient) × (surface S).
Où trouve-t-on la formule officielle du coefficient multiplicateur ?
Comment calcule-t-on la surface S (intermédiaire) ?
Le balcon/terrasse compte-t-il pour le loyer intermédiaire ?
Les parkings/garages sont-ils comptés dans la surface S ?
Les plafonds €/m² “intermédiaire” changent-ils chaque année ?
Comment calculer le loyer “social” ou “très social” ?
Le plafond social/très social dépend-il de la zone A/B/C ?
Doit-on appliquer le coefficient multiplicateur (0,7 + 19/S) en social/très social ?
À quel moment vérifie-t-on les ressources du locataire ?
Qu’est-ce que le “RFR N-2” (revenu fiscal de référence) ?
Quels sont les plafonds de ressources (intermédiaire / social / très social) ?
Références : Annexe III — art. 2 terdecies D (intermédiaire) ; Annexe III — art. 2 terdecies H (social/très social)
Quels sont les taux d’amortissement en neuf ?
• Social : 4,5 % ;
• Très social : 5,5 % (CGI art. 31, i).
Quels sont les taux d’amortissement en ancien (rénové) ?
• Social : 3,5 % ;
• Très social : 4,0 % (CGI art. 31, j).
Quel est le plafond annuel d’amortissement (déduction) ?
L’amortissement s’arrête-t-il au bout de 9 ans ?
Peut-on cumuler Jeanbrun avec d’autres dispositifs fiscaux ?
Que se passe-t-il si le loyer dépasse le plafond ?
Que se passe-t-il si je revends avant 9 ans ?
Source : LF 2026, art. 47
Peut-on changer de locataire pendant l’engagement ?
La vacance locative remet-elle en cause le dispositif ?
Le calcul du loyer doit-il être “hors charges” ?
Quelle preuve conserver pour un dossier “béton” ?
• Social/très social : arrêté annuel, ligne commune, plafond €/m², calcul, bail.
• Ressources : avis d’imposition (RFR N-2), composition du foyer.
• Amortissement : acte d’achat, ventilation du prix (foncier 20 %), tableau d’amortissement.